Association Hôtellerie Québec

5 tendances touristiques à suivre en 2015

Dernière mise à jour par ComAHQ - 15 février 2015
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À l’occasion du premier Gueuleton touristique 2015 de la Chaire de tourisme Transat de l’UQAM, 15 grandes tendances ont été dégagées puis dévoilées, en janvier à Montréal, par deux conférenciers de renom : Paul Arseneault, professeur à l’École des sciences de la gestion de l’UQAM, et Pierre Bellerose, vice-président Relations publiques, recherche et développement du produit à Tourisme Montréal.

Après avoir humé les vents de l’industrie du tourisme et observé la direction vers laquelle ils soufflaient, les conférenciers ont d’abord déduit que nous sommes désormais entrés de plain-pied dans l’ère de l’image de soi — de l’égotourisme, pourrait-on dire —, où bien des voyageurs préfèrent se mettre en scène dans un selfie que de vivre pleinement la destination qu’ils visitent.

De façon générale, les deux experts observent aussi que la prolifération des interfaces connectées (pensons aux téléphones multifonctions et aux tablettes, ou encore aux «montres intelligentes», comme la Apple Watch, qui devrait s’écouler à au moins 20 millions d’exemplaires cette année) ne fait pas que créer de nouvelles façons de consommer l’information. Elle permet aussi de découvrir les destinations ou de planifier ses activités — dans certains centres de villégiature, par exemple —, en suivant en temps réel ce qui s’y passe.

Évoluant dans un univers bombardé d’informations, les membres de la génération Z (nés et élevés après 1995) ont, pour leur part, moins de temps à consacrer aux sollicitations des acteurs de l’industrie du tourisme. Pour les convaincre de visiter une destination X ou d’acheter tel forfait, ces derniers doivent donc trouver des moyens d’aller droit au but et de s’adapter à ces nouveaux besoins — en donnant aux gens les moyens de raconter leurs propres histoires sur les réseaux sociaux, par exemple.

Depuis quelques années, nous sommes aussi en train d’assister à la fin du marketing de masse. Cela implique que les marques doivent désormais avoir une approche plus personnalisée, qui cible certains créneaux et des types de voyageurs bien précis. Comment ? En répondant plus spécifiquement à leurs besoins et en créant des expériences de voyage taillées sur mesure pour eux, rapportent les conférenciers.

Toujours selon ceux-ci, 2015 marquera le plafonnement des agences de voyages en ligne : elles sont de plus en plus aux prises avec diverses contraintes législatives, en plus de s’attirer les critiques des hôteliers et des transporteurs aériens. Surtout, elles ne donnent pas accès aux inventaires de l’économie collaborative.

Car le tourisme collaboratif est en marche, et il est là pour rester : témoin en est la popularité du couchsurfing, du woofing, des greeters, de l’autopartage et du covoiturage — mais surtout des sites d’hébergement, comme Homelidays, Home Exchange et Airbnb.

Face à la menace grandissante de ces derniers sites — qu’on tente tant bien que mal d’encadrer législativement —, les hôteliers mettent les bouchées doubles pour préserver leur clientèle et attirer de nouveaux venus. Cette transformation passe notamment par un service de plus en plus efficace et une foule de petites attentions qui font toute la différence, afin d’assurer confort et sommeil optimaux : éclairage qui s’allume doucement le matin (au lieu de l’alarme brutale d’un réveil-matin) ; planchers qui guident les pas dans la nuit ; portes de chambres qui s’ouvrent avec un code QR ; accès WiFi gratuit ; etc.

De leur côté, les aéroports mettent davantage les passagers au cœur de leurs préoccupations, face à l’augmentation de l’achalandage : amélioration de l’expérience sur place, diminution du temps d’attente, mise au point de technologies qui facilitent la vie (applications, géolocalisation, suivi des bagages avec puces électroniques, communication en champ proche), etc.

Pour leur part, les offices de tourisme et organismes de promotion touristique du globe sont de plus en plus considérés comme des agents de développement économique, et on les intime de soutenir davantage leurs régions «tout en contribuant à l’aménagement du territoire et à l’accroissement de la qualité de vie».

Du reste, l’amélioration de la santé économique des États-Unis, le taux de change entre les dollars canadien et états-unien et la chute des prix du pétrole se traduiront vraisemblablement par un retour des touristes américains au Québec (mais aussi au Canada) durant l’année.
Mais en 2015, la Chine deviendra aussi le plus grand marché émetteur de voyageurs d’affaires internationaux, assure Pierre Bellerose — un titre jusqu’ici détenu par les États-Unis. Et là ne s’arrête pas l’influence grandissante de l’empire du Milieu dans l’industrie mondiale du tourisme : acquisition de parts majoritaires dans le Club Med, fusion entre Alitrip (la branche voyagiste du géant Alibaba) et le transporteur hongkongais Cathay Pacific, etc. Mais qu’il y ait ou non un lien avec ce qui précède, Montréal devrait enfin hériter d’un vol direct vers Beijing au cours de l’année.
Enfin, de façon générale, le métier de restaurateur se complexifie encore et toujours, les changements climatiques doivent être pris davantage en considération — surtout chez les exploitants de sports et d’activités d’hiver — et la gouvernance du tourisme québécois est mûre pour adopter un nouveau modèle d’affaires.

Les 15 tendances en résumé
– L’ère de l’image de soi
– La force retrouvée du marché américain
– L’Internet des objets
– Le début de la fin de l’histoire
– 2015 : l’année de saturation pour les agences de voyages en ligne
– Du défi et de la complexité d’être restaurateur
– Les hôtels travailleront fort pour notre confort
– L’automne devient l’été ; les changements climatiques appliqués
– La gouvernance renouvelée du tourisme québécois
– Les aéroports nous accueillent et nous facilitent la vie
– Les organismes de gestion de la destination, agents de développement économique ?
– Le tourisme collaboratif, la suite
– La Chine, opérateur touristique d’envergure
– La convergence du commerce physique et du commerce virtuel
– La fin du marketing de masse en tourisme

Pour en savoir plus, consultez cette présentation (en format pdf) ou voyez la vidéo de la conférence en cliquant ici.

Articles de référence - cette présentation , cliquant ici.

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